Chirurgie du PROLAPSUS: Les patientes doivent être mieux informées

Chirurgie du PROLAPSUS: Les patientes doivent être mieux informées

Posté le août 31, 2015 par Ressources Soins Aînés Québec en Blog - Français, Éducation, Éducation aux Aidants, Gestion des soins gériatriques, Hôpitaux, Personne Autonome, RAMQ -Régie Assurance Maladie du Québec, Ressources communautaires

Une femme sur 3 éprouvera un prolapsus (ou « descente ») des organes pelviens (POP) au cours de sa vie, 2%  de manière symptomatique. Parmi les principales options possibles pour traiter une incontinence urinaire d’effort et/ou un POP, la mise en place chirurgicale d’une prothèse synthétique par voie vaginale. Cependant, l’utilisation de ces implants synthétiques se traduit par une augmentation des événements indésirables, dans certains cas, avec des conséquences sévères. Cette nouvelle étude, publiée dans le British Médical Journal, présente un bilan des résultats, qui « après la chirurgie sont loin d’être parfaits ».

 

A l’âge de 80 ans, une femme sur 8 aura subi une intervention chirurgicale pour POP. Le prolapsus des organes pelviens (POP) est défini comme une descente des organes pelviens dans le canal vaginal. L’existence d’un prolapsus de la vessie, de l’utérus ou du rectum à travers le vagin constitue une pathologie invalidante, fréquemment associée à une incontinence urinaire. La prise en charge d’un POP symptomatique peut être gérée de manière prudente avec des exercices du plancher pelvien, la pose d’un pessaire, un dispositif mobile qui va soutenir des organes qui font prolapsus ou par correction chirurgicale, avec ou sans prothèse. La littérature scientifique estime la prévalence des prolapsus de 31 % à 97 %. La prévalence augmente avec l’âge jusqu’à 50 ans, puis, ensuite c’est la gravité des symptômes qui augmente. Au final, 11% des femmes atteintes subiront une chirurgie de réparation.

 

L’incontinence à la fois symptôme du POP et risque post-chirurgie :

Les troubles de la statique pelvienne et le prolapsus sont causés par un déséquilibre anatomique et mécanique entre pression abdominale et résistance du plancher pelvien, entraînant une altération du tissu de soutien conjonctif et musculaire. Avec les symptômes digestifs et sexuels, les symptômes urinaires sont fréquents : Ainsi, l’urgenturie et l’incontinence urinaire par urgenturie sont associées au cystocèle (visuel ci-contre), d’autressymptômes urinaires sont liés à des stades plus avancés.

La continence peut être dégradée après une chirurgie du prolapsus. Ainsi, une incontinence urinaire d’effort peut survenir chez une patiente continente, juste avant l’intervention ou après correction chirurgicale du prolapsus. L’incontinence urinaire reste ainsi l’une des complications les plus fréquentes de la chirurgie du prolapsus avec une incidence comprise entre 9 et 42 % selon les études.

 

L’option chirurgicale passe fréquemment et dans certaines conditions seulement par la pose de prothèse par voie transvaginale (75% des interventions), un dispositif médical, évalué à de nombreuses reprises par l’Agence américaine Food and Drug Administration, qui dès 2011 a fait état d’une incidence des complications multipliée par 5 au cours temps. Car, aux Etats-Unis, ce sont environ 200.000 interventions de ce type qui sont effectuées chaque année.

Dans cette étude publiée dans le BMJ, les urologues du Weill Medical College of Cornell University réévaluent le risque de complications et de ré-interventions chirurgicales chez 27.991 patientes, à 62% âgées de moins de 60 ans. 7.338 et 20.653 de ces participantes ont respectivement subi des interventions avec et sans prothèse. L’analyse conclut que le recours à la prothèse entraîne :

  • un risque accru de 47% de ré-intervention dans l’année,
  • un risque accru de 33% d’incontinence par rétention urinaire dans les 90 jours.
  • Cette augmentation du risque est particulièrement élevée chez les patientes âgés de 65 ans et plus.

 

Mieux informer les patientes : Cependant, malgré plusieurs mises en garde de l’Agence américaine, le recours aux prothèses continue de croître. Les patientes devraient être mieux informées des complications spécifiques liées à l’utilisation des prothèses (sexualité, incontinence et dyspareunie) –et tout autant des complications générales liées à la chirurgie du prolapsus- concluent les auteurs. En particulier, les femmes doivent être mieux informées des alternatives à la chirurgie (pessaire, rééducation), de l’alternative avec tissus natifs à la chirurgie prothétique et en cas de petites fuites, de l’accès à toute une gamme de protections spécialisées et adaptées à leur morphologie et à leur rythme de vie.

Pour en savoir plus sur l’Incontinence

Lire aussi : CONTINENCE en péril? Les exercices de Kegel peuvent la rétablir

Sources:

BMJ2015;350:h2910 02 June 2015 Mesh use in surgery for pelvic organ prolapse

BMJ2015;350:h2685 02 June 2015 Use and risks of surgical mesh for pelvic organ prolapse surgery in women in New York state: population based cohort study

FDA. Urogynecologic surgical mesh: update on the safety and effectiveness of transvaginal placement for pelvic organ prolapse. 2011.

FDA. FDA public health notification: serious complications associated with transvaginal placement of surgical mesh in repair of pelvic organ prolapse and stress urinary incontinence. 2008. (Visuel)

CNGOF Mises à jour en Gynécologie et Obstétrique 2011

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Cette actualité a été publiée le 31/08/2015 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

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