SUCCESSIONS EN BÉTON

SUCCESSIONS EN BÉTON

Posté le juin 22, 2016 par Ressources Soins Aînés Québec en Alzheimer - Perte de Mémoire, AVC-Accident Vasculaire Cérébral, Bénévolat, Blog - Français, Communauté de retraités, Droit des aînés, Éducation, Éducation aux Aidants, Hébergements, Maladie de Parkinson, Personne Autonome, Ressources communautaires

Accompagner ses parents âgés est une dure tâche émotive

Publié le 16/06/2016 à 09:30

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Carmela Guerriero
La semaine passée, j’ai assisté à un congrès de l’organisation STEP à Toronto. STEP est l’acronyme pour Society of Trust and Estate Practitioners. C’est une organisation internationale qui compte 20 000 membres à travers le monde. On y retrouve des avocats, des notaires, des fiscalistes, des comptables et d’autres spécialistes qui oeuvrent dans le domaine des fiducies et des successions.

Le programme du congrès contenait beaucoup de conférences permettant de se mettre à jour en ce qui a trait aux notions techniques de la planification successorale. C’était certes fort intéressant, mais la conférence qui m’a le plus marquée en est une qui ne traitait pas du tout des aspects légaux, fiscaux ni successoraux. C’était en effet la conférence animée par le Dr. Michael Gordon, un grand spécialiste canadien en gériatrie.

Sa conférence était vraie et chargée en émotions. Il a abordé le sujet des parents âgés, et a exposé la réalité des grands défis qui surgissent lorsque nous commençons à épauler des parents qui sont en perte d’habiletés cognitives et physiques.

Le Dr. Gordon a réussi à faire couler plusieurs larmes, dont les miennes! En effet, beaucoup de participants à la conférence vivent déjà ce dont il était question, ou bien ont réalisé que ces défis les attendaient sans doute, peut-être même prochainement.

Nos parents aînés peuvent tout d’un coup nous apparaître fragiles et faibles, et ce, particulièrement après un séjour à l’hôpital ou la mort d’un conjoint, par exemple. Cette prise de conscience engendre évidemment une panoplie d’émotions, comme la peur, la tristesse, l’inquiétude, l’anxiété et possiblement même la colère. C’est aussi à ce moment que la charge émotive accompagnant la prise en charge d’une personne en perte d’autonomie débute réellement.

Le Dr. Gordon nous offre quelques conseils :

• Il est primordial d’aborder le sujet avec ses parents vieillissant. C’est une tâche délicate qui doit être effectuée avec beaucoup de respect, mais nécessaire. Testaments, procurations, mandats d’inaptitude et décisions de fin de vie sont tous des sujets qui doivent être abordés. La planification des funérailles (pré-arrangements, par exemple) est aussi une voie à considérer. Les préférences d’obsèques doivent à tout le moins être connues. Je n’ai jamais rencontré de membre d’une famille qui n’appréciait pas que ses parents aient pris les décisions à l’avance sur le déroulement et les détails concernant leurs funérailles.

• Il faut aussi, avec ses parents vieillissants, s’assurer de discuter de l’emplacement de leurs documents ainsi que discuter de qui s’occupera de quoi, quand et comment. En effet, il faut s’assurer, entre les enfants, que tout le monde s’entend. Il est fort probable que certaines décisions devront être prises durant des moments difficiles sur le plan émotif, d’où l’importance de bien connaître les volontés de nos parents. Ceci peut réellement réduire le fardeau de ces décisions. Le choix entre rester à la maison ou déménager vers une résidence pour personnes âgées est souvent le premier dilemme. À ce sujet, quelle est la préférence de nos parents? Est-ce que leurs finances permettent d’avoir de l’aide à la maison? Connaître les réponses à ces questions à l’avance est un gros avantage.

• Il est souvent question des soins apportés aux parents et du support que nous devons leur fournir, mais il ne faut pas oublier de prendre soin de soi également durant cette période difficile. Entre les soucis de nos parents vieillissants, les besoins de nos propres enfants, la pression au travail, ses propres besoins et désirs, il est souvent difficile de bien gérer les priorités qui peuvent sembler contradictoires. Notre patience peut également en prendre un coup. Prendre soin de soi signifie prendre le temps d’avoir du plaisir entre amis, par exemple, ou continuer à faire les activités qui nous plaisent. Il est primordial de trouver un équilibre dans nos vies puisque cet équilibre nous donne l’énergie nécessaire pour aller de l’avant lors de moments difficiles.

Devant cette réalité de parents vieillissants et de plus en plus fragiles, il est important de faire tout ce que nous pouvons pour s’assurer que leur vie soit le plus agréable possible. Une fois nos êtres chers partis, nous n’aurons alors regret.