(Voyez la liste) Des médicaments qui causent un déclin cognitif et une atrophie cérébrale

(Voyez la liste) Des médicaments qui causent un déclin cognitif et une atrophie cérébrale

Posté le avril 20, 2016 par Ressources Soins Aînés Québec en Alzheimer - Perte de Mémoire, AVC-Accident Vasculaire Cérébral, Bénévolat, Blog - Français, Éducation, Éducation aux Aidants, Hôpitaux, Personne Autonome, Polyclinique, RAMQ -Régie Assurance Maladie du Québec, Soins pour la Démence

Les personnes âgées pourraient vouloir éviter des médicaments tels que ceux contre le rhume pour la nuit et plusieurs autres en vente libre et sur ordonnance, disent les auteurs d’une une étude publiée dans leJournal of the American Medical Association (JAMA) Neurology.

Ces médicaments ont un effet anticholinergique, c’est-à-dire qu’ils bloquent l’action de l’acétylcholine, un neurotransmetteur du cerveau.

Des recherches ont montré, depuis au moins une dizaine d’années, un lien entre les médicaments anticholinergiques et des troubles cognitifs chez les personnes âgées ainsi qu’un risque accru de démence.

Une étude publiée en 2013 a montré que les médicaments ayant un fort effet anticholinergique causaient des problèmes cognitifs lorsqu’ils étaient pris régulièrement pendant aussi peu que 60 jours. Ceux ayant un effet plus faible entraînaient un déficit dans les 90 jours.

Une grande diversité de médicaments vendus en automédication ou sur prescription ont des effets anticholinergiques : somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques ainsi que des médicaments contre l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, la maladie pulmonaire obstructive chronique, etc.

Pour identifier les changements physiques qui sous-tendent les effets rapportés, Shannon Risacher de l’Université d’Indiana et ses collègues ont mené une étude avec 451 participants, âgés en moyenne de 73 ans, dont 60 prenaient au moins un médicament ayant une activité anticholinergique moyenne ou élevée.

Ceux qui prenaient ces médicaments avaient de moins bons résultats à des tests de mémoire à court terme et certains tests de fonction exécutive (qui concerne le raisonnement verbal, la planification et la résolution de problèmes) comparativement à ceux n’en prenant pas.

Ils présentaient des niveaux plus faibles de métabolisme du glucose, qui est un biomarqueur de l’activité du cerveau, notamment dans l’hippocampe, une région associée à la mémoire qui est affectée au début de la maladie d’Alzheimer. Ils avaient aussi une atrophie du cerveau.

La sévérité de ces effets augmentait avec le nombre de médicaments anticholinergiques que prenaient les participants.

« Ces résultats fournissent des indices sur la base biologique des problèmes cognitifs associés aux médicaments anticholinergiques, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes impliqués », explique le chercheur.

Compte tenu de toutes les données de recherche, les médecins devraient envisager des alternatives aux médicaments anticholinergiques, lorsqu’elles sont disponibles, pour les personnes âgées, souligne-t-il.

Voici la liste des médicaments ayant un effet anticholinergique. Ils sont désignés par le nom de la molécule active (c’est-à-dire leur dénomination commune internationale) plutôt que par leurs noms commerciaux. Ils sont classés selon l’« Échelle du risque cognitif lié aux anticholinergiques » (1).

Des alternatives aux médicaments anticholinergiques sont suggérées dans la 2e page de ce document du Regenstrief Institute.

(1) Anticolinergic Cognitive Burden scale (ACB) développé par le Aging Brain Program of the IU Center for Aging Research.

SOURCES:   http://www.psychomedia.qc.ca/sante/2016-04-19/medicaments-anticholinergiques-declin-cognitif-atrophie-cerebrale

Psychomédia avec sources : Indiana University, JAMA Neurology.