LA ZOOTHÉRAPIE: LES BIENFAITS DES ANIMAUX

LA ZOOTHÉRAPIE: LES BIENFAITS DES ANIMAUX

Posté le juin 21, 2014 par Ressources Soins Aînés Québec en Alzheimer - Perte de Mémoire, Bénévolat, Blog - Français, Centre de réadaptation, Centre pour Ainés, Communauté de retraités, Droit des aînés, Éducation, Éducation aux Aidants, Gestion des soins gériatriques, Personne Autonome, Ressources communautaires, Soins Non Médicaux à Domicile

2013-01-22
CHRONIQUE ANIMAUX
Fondé en 1988, Zoothérapie Québec est un organisme sans but lucratif qui s’est d’abord intéressé au comportement animal. L’organisme est donc incorporé sous l’appellation «Centre progressif de comportement animal». Après quelques années d’activité, en 1995, la dénomination sociale «Zoothérapie Québec» est retenue. Depuis, c’est sous ce nom que l’organisme poursuit sa mission et ses activités. En 1990, l’organisme décroche alors un premier contrat d’une durée d’une heure par semaine pour dix semaines. Ce premier client, la Résidence Jean-De La Lande (un CHSLD du Plateau-Mont-Royal), n’a depuis jamais cessé d’avoir recours à nos services.

À cette époque, la zoothérapie est un domaine, somme toute, encore nouveau et mal connu. On s’en fait facilement une fausse représentation: on ne voit souvent que l’animal alors qu’il n’est qu’un instrument pour atteindre notre clientèle cible, des gens vulnérables, malades, handicapés et, très souvent, esseulés. Ce n’est qu’en 1999 que le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a reconnu Zoothérapie Québec et lui a octroyé, de ce fait, une subvention de fonctionnement récurrente, laquelle représente encore aujourd’hui moins de 10% du budget de l’organisme. En 2012, l’organisme dessert régulièrement près de 80 établissements du réseau de la santé et de l’éducation.

Qu’est-ce que la zoothérapie?

C’est une thérapie qui utilise la proximité de l’animal domestique ou de compagnie, auprès d’humains souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux, pour réduire le stress ou les conséquences d’un traitement médical.

ORIGINES: Dès 1792 en Angleterre, on a utilisé les animaux de la ferme pour traiter ceux qu’on appelait les «malades mentaux». C’est le psychiatre américain Boris Levinson qui, en 1953, entreprendra de véritables essais thérapeutiques auprès d’un enfant autiste avec son chien. On le considère comme le père de la zoothérapie moderne.

C’est la triade thérapeutique (intervenant, animal, patient) qui fait en sorte qu’il y a un bienfait. Donc le rôle de l’intervenant est tout aussi important que celui de l’animal. Il y a une différence entre fréquenter un animal tous les jours et en fréquenter un à l’occasion. Exemple : pour une clientèle lourde, c’est moins bénéfique de fréquenter un animal tous les jours (ça perd de son impact) et il faut un thérapeute pour en retirer tous les bienfaits. Mais ça sauve le moral de certaines personnes d’avoir un animal de compagnie à la maison.

Chez Zoothérapie Québec, les intervenants comme Régine Hétu travaillent seulement avec des chiens. Au total, ils en ont une trentaine à leur disposition (de toutes races et toutes tailles). Ces chiens sont de vrais travailleurs, qui font leur journée de 9 à 5. Le soir, ils rentrent dans leurs familles. Ils ont congé le soir et les fins de semaine. Les maîtres des chiens ne sont pas payés; ce sont des bénévoles!

«Le chien est l’animal idéal pour la zoothérapie; il est dynamique, social, il donne une rétroaction, il va naturellement vers les gens et il aide à créer des ponts, car il rappelle aux personnes âgées de bons souvenirs», explique notre invitée. Les intervenants en zoothérapie utilisent la résonnance affective liée aux chiens pour travailler la motricité et la mobilité. Les chiens qui ont été choisis sont évalués pour leurs capacités à aller vers les patients, bien s’adapter à de nouveaux milieux. Les chiens ont des personnalités différentes et des textures (poils) différents. Les chiens sont dynamiques, multisensoriels. Bref… ils ont plein de qualités!

En général, la zoothérapie est possible avec à peu près tous les animaux. Par exemple, les chevaux sont utilisés avec une clientèle handicapée. On utilise aussi lapins, chats, dauphins.
La zoothérapie est très efficace auprès des aînés. Elle permet d’aller chercher une clientèle qui ne participe pas normalement aux activités des institutions. L’intervenant va vers la clientèle la plus lourde, la plus handicapée. Concrètement, en CHSLD (Centre d’hébergement et de soins de longue durée), les activités de zoothérapie se déroulent en groupe ou de façon individuelle.

Des exemples d’activités: marche en laisse; pour stimuler les membres supérieurs comme les bras, on fait du brossage de poils; photos; images; jeux divers;, discussion en groupe autour du chien; jeu de balle, etc.

Quelles preuves avons-nous sur les bienfaits de la zoothérapie?

Peu d’études empiriques, beaucoup d’anecdotes. Une étude fiable, réalisée en 1989, a établi que le chien est un catalyseur social. La présence d’un chien sur une base hebdomadaire augmente le nombre de comportements sociaux appropriés, dont les sourires, les regards et les rires chez les personnes atteintes de la DTA (démence de type Alzheimer). Les conclusions révèlent aussi un bien-être physique et psychologique, l’estime de soi et la création d’un effet apaisant.

En 1983, une étude d’Erika Freidman, Aron Katcher et James Lynch démontre que la compagnie d’animaux domestiques peut diminuer la tension artérielle.

La zoothérapie dans les écoles (volet éducatif)

C’est un atelier sur plusieurs semaines, avec plusieurs groupes. Avec des thèmes différents d’une semaine à l’autre. Quelques exemples des sujets enseignés aux enfants:

Approche sécuritaire avec les chiens, prévention des morsures.

Langage non-verbal du chien; ce que son corps nous dit…

Éducatif: les différentes races de chiens, lieux géographiques.

Activités sur les besoins des chiens et responsabilités du maître.

Évaluation des situations à risque.

Ce n’est pas du parascolaire. Les intervenants vont dans des écoles spécialisées ou des centres jeunesse de Montréal. Car pendant l’adolescence, l’animal peut être un support émotif pour les jeunes en situation difficile.

La formation

On n’utilise pas le terme «zoothérapeute», car il n’existe pas d’ordre professionnel. Ceux qui deviennent intervenants en zoothérapie ont souvent de l’expérience en soins infirmiers ou comme psychoéducateur. Par la suite, Zoothérapie Québec offre une formation de base intensive d’une semaine qui coûte environ 1 100$. Cette formation est ouverte au grand public et comprend des notions sur le comportement canin, les bases de la zoothérapie, les assurances, etc.

Infos en vrac

TAA = Thérapie assistée par animal (exemple: dans les écoles). C’est différent des AAA = Activité assistée par l’animal (exemple: zooanimation, style Éducazoo).

Les intervenants de Zoothérapie Québec se déplacent pour un minimum de deux heures.

Ils offrent très peu de séances de zoothérapie à domicile.

L’organisme Zoothérapie Québec travaille dans la grande région de Montréal. Ailleurs au Québec, d’autres organismes prennent le relais.

Obtenez plus d’information sur le site web de Zoothérapie Québec.

Chroniqueuse invitée: Régine Hétu, intervenante en zoothérapie et psychoéducatrice

Revoir cet épisode de Libre-service

http://matv.ca/montreal/matv-blogue/mes-articles/2013-01-22-la-zootherapie-les-bienfaits-des-animaux